Une mission pas comme les autres
En tant que Directeur d’Exploitation de l’opérateur en charge de cet actif, et notamment responsable de la coordination des opérations de démantèlement, j’ai apprécié pouvoir compter sur la réactivité et l’agilité de DRONEBOOST. Lors d’un tel événement il est indispensable de pouvoir agir vite tout en conservant nos standards industriels en matière de sécurité : l’apport de DRONEBOOST a pleinement permis de contribuer à ce maintien. Travailler avec Benjamin, malgré un contexte difficile, a été un plaisir.
Je suis intervenu pour apporter le support du drone sur le chantier de démantèlement d’ombrières photovoltaïques effondrées. Prises de vue par drone en zone à risques, photogrammétrie, vols de nuit, en hiver, en zone peuplée, proche d’immeubles, autour d’engins de démantèlement. D’abord pour réaliser des prises de vues et reconstruire la scène en 3D, puis pour supporter les opérations de démantèlement.
Un chantier complexe, par son ampleur et la gravité de la situation. Une mission difficile par sa complexité et les difficultés techniques !
Prises de vue et modélisation 3D
Mercredi, 9h42 : le téléphone sonne, c’est urgent.
Mon interlocuteur me demande si je suis disponible aujourd’hui. Le sujet est déjà partout et fait polémique : deux ombrières photovoltaïques sont tombées sur des véhicules en pleine période de vacances. L’objectif de la mission est de capturer des images sur place pour figer la scène en vue de l’instruction du dossier par les experts d’assurances. On décide de réaliser un modèle 3D de la scène, qui permettra aussi aux parties prenantes de se figurer l’ampleur de la situation à distance. La situation est délicate, l’accès à la zone est très limité pour des raisons de sécurité. Le drone est le meilleur moyen d’aller saisir les clichés nécessaires sans engager les personnes. Dans le doute, je mets des batteries à charger…
Préparation de mission express !
- Les enjeux et livrables sont clairs
- Cartographie : Zone, obstacles, agglomération -> zone peuplée, espace aérien non restreint, périmètre sécurisé
- Scénario : Catégorie ouverte, notification de dernière minute, zone d’exclusion des tiers -> modalités à voir sur place
- Météo : Temps clair, pas de vent, températures positives, indice Kp faible
- Information aéronautique : Pas de NOTAM actif sur le volume aérien considéré
- Téléphone : Notification de dernière minute auprès des services de la Préfecture des Hautes-Alpes, coordination avec le service des pistes de la station pour sécuriser l’espace aérien vis-à-vis des hélicoptères de secours
- Matériel (là c’est plus classique pour un télépilote) : 2 drones, des batteries, une carte SD, téléchargement de la carte, gilet haute visibilité, plots
Tout est prêt, ça part de là !
Il est midi, j’arrive sur le site. La scène est impressionnante. Le périmètre est sécurisé et gardé. Les représentants de l’exploitant sont présents, accompagnés d’un huissier de justice, un expert d’assurance et de nombreux experts techniques. Je prends les informations, et je démarre.
Vols automatiques, compléments en vol manuel : près 4h sur place dont 3h de vol, me voilà en possession des 1650 photos nécessaires. Retour au bureau, c’est au tour de l’ordinateur de travailler :
- Alignement des photos et identification des points caractéristiques
- Construction du maillage 3D
- Plaquage des textures sur le modèle
Vendredi matin, je livre 2 versions du modèle 3D, une complète et une en basse définition pour en faciliter l’exploitation rapide : l’heure est à la préparation du démantèlement.
Suivi et support au démantèlement
Lundi en fin de journée, nouvel appel : mon client a besoin d’un drone pour superviser et supporter le chantier de démantèlement dès le lendemain soir.
Au vu de la gravité de la situation, le suraccident n’est pas une option, ce client ne laisse rien au hasard. Les opérations auront lieu de nuit afin de limiter le risque d’incendie. Il faudra voler au milieu d’engins de chantier, afin de fournir au responsable un point de vue spécifique. Il faudra aussi réaliser des thermographies pour identifier d’éventuels points chauds. De plus, la possibilité de couvrir l’ensemble de la zone (300m x 100m) en quelques secondes et détecter les personnes en pleine nuit sera précieuse pour sécuriser le périmètre. Pas de doute, la nuit ne sera pas de tout repos.
La préparation de mission
A nouveau, la préparation de mission est réalisée dans un laps de temps court. Ce sera de la catégorie ouverte A3, grâce notamment à la récente mise à jour de l’Arrêté Espace.
Chez DRONEBOOST, la préparation de mission est un pilier de tous les modules de formation. C’est parce que sa qualité garantit l’efficacité et la sécurité de la mission. En formation, on en fait et on en refait. C’est fastidieux. C’est assumé.
C’est parce que très souvent, on dispose de peu de temps pour la réaliser. L’expérience et l’organisation sont les clés pour ne rien oublier.
Arrivée sur site à 18h avec 3 drones et 14 batteries
Plusieurs entreprises sont engagées et coordonnées avec le sérieux que mérite une telle situation. Le client me demande même mon CATS sans savoir que je vais opérer en Catégorie Ouverte. Les engins sont partout, et d’un gabarit peu courant.
L’objectif est d’attraper les modules photovoltaïques à presque 15m du sol avec une pelle mécanique de 40t sans endommager ni la structure ni les véhicules dessous, et en polluant le moins possible les tas de neige alentour. Les premiers vols permettent de donner des informations en direct au conducteur de la pelle mécanique car il ne voit pas la structure derrière les panneaux. Puis il prend ses repères, et ma mission se transforme : j’éclaire la partie haute de la structure à l’aide du projecteur du drone. C’est finalement plutôt simple. Oui, mais non…
Phare ou GNSS ?
En plus de modifier le centrage de la machine (voir l’excellent article de T. MOHR), le phare de recherche du DJI Mavic 3 Enterprise utilisé perturbe sa réception GNSS. Le drone passe régulièrement en mode « Attitude ». Facile, c’est un exercice qu’on pratique en formation parce qu’il arrive de perdre le GNSS. La preuve !
Oui mais là c’est la nuit, donc pas de détection d’obstacle ni de stabilisation optique. On fait aussi du vol de nuit en formation, me direz-vous. Oui, mais pas en mode « Attitude ». Et pas en zone peuplée avec un périmètre (très) restreint. Et encore moins avec un engin de 40t dont le flux d’échappement « souffle » le drone à plusieurs dizaines de mètres en quelques secondes à chaque perte de GNSS.
Véhicules à risque
Certains véhicules garés sous la structure représentent un risque d’incendie : électriques et GNL. Les périmètres sont identifiés, les détecteurs en place et les consignes sont claires. Lors des opérations dans ces zones, c’est le drone qui permettra la surveillance à distance des véhicules, et notamment la recherche de points chauds.
3 nuits, 42 vols : 10h de télépilotage
Une attention de tous les instants. La gestion de la recharge des batteries pour assurer la continuité de mission. Un œil sur le phare pour que le conducteur de pelle puisse travailler. Un œil sur la télémétrie pour déceler la moindre anomalie. L’oreille tendue pour identifier l’approche d’un éventuel aéronef. La surveillance au sol pour éviter de survoler les personnes qui travaillent. Un coup d’œil régulier sur le périmètre pour éviter les intrusions. La surveillance des véhicules à risque.
Mission accomplie !
On y est ! Les structures sont nues, le risque lié aux modules photovoltaïques est écarté. Comme à la fin de chaque opération, je suis content, car malgré les imprévus, la mission est réalisée et la sécurité n’a jamais été compromise ! La préparation rigoureuse en amont et l’entraînement régulier à opérer en environnement complexe ont payé.
Compétences et Formation
Cette mission a aussi transformé mon intuition en conviction : la formation de télépilotes ne doit pas être prise à la légère. J’ai réalisé cette mission en catégorie Ouverte, donc un télépilote « autoformé » aurait pu se retrouver dans la même situation ! La formation pratique de télépilote en catégorie spécifique dispensée par DRONEBOOST est exigeante. Les stagiaires y découvrent le mode « Attitude », le vol de nuit, le vol entre obstacles et la préparation de mission complexe. Or pour accéder à la catégorie ouverte, un télépilote doit simplement valider une formation en ligne.
Au vu du déroulement de cette mission, le module « Formation Pratique – Télépilote _ Catégorie Ouverte » prend tout son sens. Il couvre toutes les notions de pilotage et de préparation de mission nécessaires au déroulement sans accroc d’une telle opération. Si l’ouverture à la catégorie ouverte des missions en zone peuplée est une bonne chose, il n’en est pas moins nécessaire pour les télépilotes de rester lucides quant à leurs compétences réelles de télépilotage.
Formez-vous et volez en sécurité 👌!